Leçon 26 · Reprise

Reprise : verbes, aliments et boissons

Douze jours de pause. Ce n'est pas un problème à rattraper — c'est le meilleur test que vous puissiez passer, et il arrive au bon moment.

Vous avez demandé la suite ; je vous donne d'abord une reprise, et voici pourquoi. Les verbes en ます et les aliments sont arrivés coup sur coup, deux journées denses — puis plus rien pendant douze jours. Ce sont les seules leçons du parcours qui n'ont jamais été retestées, et ce sont justement celles sur lesquelles tout le reste va se construire : le passé, le futur, « je voudrais », tout passe par la forme ます (masu). Bâtir dessus sans vérifier, ce serait poser une dalle sur un terrain qu'on n'a pas sondé.

Douze jours, c'est une bonne nouvelle. Ce que vous allez ressentir comme « j'ai oublié » est en réalité le mécanisme qui fait tenir la mémoire. Retrouver un mot au prix d'un effort le renforce bien davantage que le relire quand il est encore frais — c'est le principe de la desirable difficulty de Bjork, sur lequel repose tout ce parcours (Bjork Learning & Forgetting Lab, UCLA). Un mot qui résiste aujourd'hui n'est pas un mot perdu : c'est un mot en train d'être gravé. Répondez donc sans relire les leçons 24 et 25 — même si vous devez laisser des blancs.

D'abord, sans filet

Commençons par le plus dur : produire, pas reconnaître. Dites chaque phrase à voix haute, puis seulement ensuite ouvrez la réponse. Une phrase qui ne vient pas au bout de cinq secondes est une information précieuse — notez-la.

Cherchez de tête, dites à voix haute, puis dévoilez.

« Je ne comprends pas. »

wakarimasen.

La phrase de secours par excellence. Un すみません devant, et vous sortez poliment de n'importe quelle conversation qui vous dépasse.

« Qu'est-ce que vous recommandez ? » (au restaurant)

osusume wa nan desu ka ?

La question la plus rentable de votre séjour : elle règle tout menu illisible.

« Je vais à Kyōto. »

Kyōto ni ikimasu.

に pour la destination — pas まで, qui sert à tracer un trajet quand on demande un prix.

« Je ne mange pas de viande. »

niku o tabemasen.

ます remplacé par ません, sans rien d'autre à changer. Marche avec n'importe quel aliment.

« Je bois du thé. »

ocha o nomimasu.

La chose, を, puis le verbe en dernier — la structure ne bouge jamais.

« Avez-vous du poisson ? »

sakana wa arimasu ka ?

あります de la leçon 20, qui était déjà un verbe en ます sans que vous le sachiez.

Vérifions (mélangé, de mémoire)

Même consigne : de tête, sans revenir en arrière.

Dans une phrase japonaise, le verbe se place :
のみます (nomimasu) veut dire :
Pour nier un verbe, on remplace ます (masu) par :
さかな (sakana) veut dire :
Pour dire où vous allez, la particule est :
おちゃ (ocha) veut dire :
« Je ne bois pas d'alcool » se dit :
Devant la particule を (o), « quoi » se prononce :
ごはん (gohan) veut dire :
« Je mange des légumes » se dit :
たまご (tamago) veut dire :
たべます (tabemasu) peut vouloir dire :

Dialogue complet

Une journée entière condensée : un repas, une contrainte à annoncer, un moment d'incompréhension, un déplacement. Rien que du connu — c'est le but.

Vous
Sumimasen, osusume wa nan desu ka ?

Excusez-moi, qu'est-ce que vous recommandez ?

Le serveur
Kyō wa sakana ga totemo oishii desu yo.

Aujourd'hui le poisson est excellent. (きょう (kyō) et おいしい (oishii) en reconnaissance)

Vous
Ii desu ne. Niku o tabemasen. Sakana o tabemasu.

Parfait. Je ne mange pas de viande. Je mange du poisson.

Le serveur
Onomimono wa ? Bīru, kōhī, ocha ga arimasu.

Et comme boisson ? Il y a de la bière, du café, du thé. (おのみもの (onomimono) — « boisson », construit sur のみます (nomimasu) !)

Vous
Arukōru o nomimasen. Ocha o kudasai.

Je ne bois pas d'alcool. Du thé, s'il vous plaît.

Le serveur
Kashikomarimashita. Goyukkuri dōzo.

Bien noté. Prenez votre temps. (ごゆっくり どうぞ, reconnaissance — très courant)

Vous
Sumimasen, wakarimasen.

Excusez-moi, je ne comprends pas.

Le serveur
A, dōzo dōzo!

Ah, je vous en prie ! (どうぞ (dōzo), L5)

Vous
Arigatō gozaimasu. Ashita Kyōto ni ikimasu!

Merci. Demain je vais à Kyōto !

Un mot à remarquer au passage : おのみもの (onomimono), « boisson », que le serveur emploie au quatrième tour. Vous n'avez pas à l'apprendre — mais regardez sa forme : c'est のみ, le cœur du verbe のみます (nomimasu), transformé en nom. Le japonais fabrique énormément de mots comme ça, et à partir d'aujourd'hui vous commencerez à les voir plutôt que de les subir. C'est ce que gagne quelqu'un qui apprend la langue, et pas seulement des phrases.

À faire aujourd'hui

Reprenez les six phrases de la section « sans filet » et redites-les, cette fois d'affilée et sans ouvrir les réponses. Puis dites-moi lesquelles ont résisté et votre score au quiz — les mots qui ont coincé après douze jours sont exactement ceux que la prochaine leçon doit réactiver. La fiche de survie reste votre filet ; imprimez-la si ce n'est pas déjà fait.

Pour aller plus loin

Ressource recommandée : NHK World — Easy Japanese. Après une pause, l'écoute passive est la reprise la moins coûteuse : une leçon de dix minutes en marchant, sans lire la transcription, uniquement pour laisser l'oreille rattraper ce que la mémoire hésite à produire.

Une question ? Je suis votre prof. Dites-moi votre score et les phrases qui ont résisté — c'est ce qui décide la suite. Et si vous voulez enchaîner tout de suite sur le passé (おいしかった です, « c'était délicieux »), dites-le : je vous le fais dans la foulée, cette reprise étant justement là pour que ça tienne.