Leçon 31 · Oral
Trente leçons sans qu'un seul humain vous réponde. Voici les phrases qui font qu'une vraie conversation ne s'effondre pas — et comment cadrer votre première.
Vous savez commander, demander votre chemin, raconter votre journée et dire ce que vous aimeriez faire. Ce que vous n'avez jamais fait, c'est parler à quelqu'un qui répond à sa vitesse, avec ses mots, sans script. C'est là que tout le monde décroche — pas par manque de vocabulaire, mais faute des trois ou quatre phrases qui permettent de reprendre la main.
Encore une fois, s'il vous plaît.
Plus lentement, s'il vous plaît.
Je comprends un peu le japonais.
Les deux premières réutilisent おねがいします (onegaishimasu), votre outil de politesse de la leçon 1 : もう いちど (mō ichido) = « une fois de plus », ゆっくり (yukkuri) = « lentement ». La troisième combine にほんご (nihongo, la langue japonaise), すこし (sukoshi, un peu) et votre わかります (wakarimasu) de la leçon 24 — avec が (ga), qui marque ici ce que vous maîtrisez, comme il marquait ce que vous aimez.
| Phrase | Rōmaji | Quand |
|---|---|---|
| ちょっと まって ください | chotto matte kudasai | Vous avez besoin de deux secondes pour formuler |
| これ は なん です か | kore wa nan desu ka | Un objet, un plat, un mot écrit : « c'est quoi ? » |
| えいご が わかります か | eigo ga wakarimasu ka | Dernier recours, quand rien ne passe |
| わかりました | wakarimashita | « J'ai compris » — à dire dès que c'est vrai |
これ は なん です か ne contient rien de neuf : c'est これ (leçon 5) + なん です か (leçon 18), assemblés. Vous l'avez déjà en stock sans le savoir.
Le vocabulaire ne suffit pas ; ce sont vos réflexes qui décideront si l'échange tient debout.
1. Ne jamais hocher la tête à vide. Un すみません (sumimasen)、わかりません (sumimasen, wakarimasen) honnête vaut infiniment mieux qu'un faux « oui ». Vous gardez la main, et votre interlocuteur reformule. Personne ne s'est jamais vexé qu'on ne le comprenne pas ; beaucoup se vexent d'avoir parlé dans le vide.
2. Dire ce que vous savez dire, pas ce que vous voudriez dire. Vous cherchez « je suis développeur » et vous ne l'avez pas ? Dites とうきょう が すき です. La conversation continue. Chercher le mot exact vous fait taire ; contourner vous fait parler.
3. Poser une question plutôt que subir. Quand vous êtes perdu, reprenez l'initiative avec une question que vous maîtrisez : おすすめ は なん です か (osusume wa nan desu ka) ?, これ は なん です か (kore wa nan desu ka) ? Vous choisissez alors le terrain, et vous comprenez mieux une réponse que vous avez provoquée.
4. Finir chaleureusement, toujours. たのしかった です (tanoshikatta desu)! (tanoshikatta desu) ou ありがとうございます en partant. Même après un échange laborieux, ces mots-là laissent le souvenir d'un bon moment — et c'est ce souvenir qui vous donnera envie de recommencer demain.
Votre interlocuteur voudra savoir qui vous êtes. Pas testés au quiz, comme d'habitude — vos flashcards s'en occupent.
| Mot | Rōmaji | Sens | Ancrage |
|---|---|---|---|
| なまえ | namae | le nom, le prénom | « na-mae » / name en anglais |
| しごと | shigoto | le travail, le métier | « shi-goto » — on y « go » chaque matin |
| かいしゃ | kaisha | l'entreprise | le kaisse de l'entreprise |
| かぞく | kazoku | la famille | « ka-zoku », le clan |
| ともだち | tomodachi | un ami | mot connu des amateurs de manga |
| にほんご | nihongo | la langue japonaise | にほん + ご = langue du Japon |
| えいご | eigo | l'anglais | même ご : えい + ご |
| フランスご | furansugo | le français | フランス + ご |
| フランスじん | furansujin | Français (personne) | フランス + じん = personne de France |
| にほんじん | nihonjin | Japonais (personne) | même じん |
| すこし | sukoshi | un peu | l'inverse de とても (leçon 22) |
| たくさん | takusan | beaucoup | entendu en L28 : しゃしん を たくさん |
| まいにち | mainichi | chaque jour | nom d'un grand quotidien japonais |
Les quatre premières entrées portent sur aujourd'hui. Les trois dernières sondent des mots plus discrets des leçons 28 et 30 — ceux qui n'avaient pas d'ancrage évident.
À voix haute, puis dévoilez.
yukkuri onegaishimasu.
La phrase à sortir dans les cinq premières secondes d'une conversation difficile.
nihongo ga sukoshi wakarimasu.
が marque ce que vous maîtrisez — même badge que dans すし が すき です.
mō ichido onegaishimasu.
もう いちど = « une fois de plus ». Aucune honte à l'utiliser trois fois de suite.
chotto matte kudasai.
Le bloc figé du jour — il vous achète les deux secondes qu'il faut pour construire votre phrase.
kōen
Un « coin » de verdure. こうえん に いきたい です (kōen ni ikitai desu).
matsuri
La saison des まつり, c'est なつ (natsu), l'été — pas la vôtre.
soba
そば を たべたい です (soba o tabetai desu). Les épaisses, ce sont les うどん (udon).
Votre première session avec un professeur en visio. Il ne sait rien de vous, et il va parler japonais dès la première seconde.
Bonjour ! Enchanté. Votre nom ? (はじめまして (hajimemashite), L2 · おなまえ は? — le raccourci は (wa) de la L28 !)
Enchanté. Je suis Nicolas. Je suis français.
Vous parlez bien japonais ! Depuis combien de temps étudiez-vous ? (volontairement trop rapide — c'est le moment que la leçon prépare)
Pardon, je ne comprends pas. Plus lentement, s'il vous plaît.
Ah, pardon. Le japonais… vous l'avez étudié ? (べんきょう (benkyō) / benkyō = l'étude, reconnaissance)
J'ai compris ! Oui, je comprends un peu le japonais. J'ai étudié chaque jour.
Formidable ! Pourquoi étudiez-vous le japonais ? (すごい (sugoi) · なぜ (naze) = pourquoi, reconnaissance)
Un instant… En octobre je vais au Japon ! Je voudrais voir les feuillages d'automne. (じゅうがつ / jūgatsu = octobre, reconnaissance)
Très bien ! Faisons un cours agréable. (reconnaissance seulement)
Comptez : vous n'avez pas compris deux tours sur quatre, et la conversation a parfaitement fonctionné. C'est ça, une première session réussie — pas un échange fluide, mais un échange qui ne s'arrête pas. Vos trois phrases de secours ont fait tout le travail, et vous avez fini sur ce que vous savez faire de mieux : dire ce que vous voulez voir en octobre.
Ces phrases visent une conversation réelle, mais vous n'avez pas besoin d'un partenaire pour commencer à les rendre automatiques. Trois exercices, tous solitaires, dans l'ordre d'efficacité.
1. Le réflexe chronométré. Les trois phrases de secours doivent sortir plus vite que votre réflexion — c'est la seule chose du parcours qui exige d'être réflexe et non réfléchi. Dites-les à voix haute dix fois d'affilée, aujourd'hui et demain. Quand vous n'avez plus à chercher, c'est acquis.
2. Le jeu de rôle avec votre prof. C'est-à-dire moi. Demandez-moi une mise en situation : je joue le serveur, le réceptionniste ou le local, je vous écris ma réplique en japonais, vous répondez, je corrige vos particules et vos formes. Vous obtenez ainsi la boucle qui manque — quelqu'un qui ne dit pas ce que vous attendiez — sans rien réserver ni payer.
3. Le test du micro. Activez la dictée vocale japonaise de votre téléphone et prononcez une phrase connue. Si la machine transcrit ce que vous vouliez dire, votre prononciation est intelligible ; sinon, vous savez exactement quelle syllabe corriger. Feedback immédiat, automatique, et sans personne en face.
Les trois phrases de secours, à voix haute, jusqu'à ce qu'elles sortent sans réfléchir. Puis demandez-moi un jeu de rôle : c'est le seul exercice où vous ne saurez pas à l'avance ce qu'on va vous répondre. La fiche de survie a une nouvelle section « Survivre à une conversation » — gardez-la ouverte pendant l'exercice.
Ressource recommandée : NHK World — Easy Japanese reste votre meilleur entraînement d'écoute d'ici là. Et pour les questions de méthode ou de choix de tuteur, r/LearnJapanese est un endroit fiable où poser la vôtre — les retours d'expérience sur les premiers cours de conversation y sont nombreux.